Contexte : Le diagnostic précoce du VIH est essentiel pour initier rapidement le traitement antirétroviral et prévenir la transmission mère-enfant. Au Cameroun, des Point-of-Care (PoC) ont été déployés pour améliorer l’accès au dépistage et réduire les délais de rendu des résultats.
Objectif : Évaluer la disponibilité, le fonctionnement et la performance des PoC dans six régions du Cameroun.
Méthodes : Une étude rétrospective a été menée dans 58 districts de santé du PETVISIDAME répartis dans six régions du Cameroun. Les données des PoC pour la période 2020–2025 ont été collectées, incluant : fonctionnalité, inscription aux programmes EQA/PT, formation du personnel, nombre de diagnostics précoces et tests de charge virale réalisés, supervision et qualité opérationnelle. Les données a été consolidées et analysées avec Excel.
Résultats : Sur 54 PoC recensés pour une file d’environ 250 590 PvVIH, 83,3% étaient fonctionnels, avec une variation régionale (50–100 %). Seulement 63% des PoC étaient inscrits à un programme EQA/PT. Entre 2020 et 2025, le nombre de diagnostics précoces était passé de 42 963 à 9 958 et les tests de charge virale de 3 652 à 4 908. La proportion de résultats rendus dans les délais était passé de 97,3% à 95,2%. Le personnel formé à l’assurance qualité et aux bonnes pratiques de laboratoire était faible (<90%). Entre 2024 et 2025, respectivement, le nombre de supervisions PoC était passé de 62 à 31, tandis que les rejets d’échantillons avaient diminué de 504 à 185.
Conclusion : Bien que les PoC soient largement déployés, leur fonctionnalité inégale, leur faible participation aux programmes EQA/PT, le nombre élevé de rejet de cartouches et la diminution des activités de diagnostic compromettent leur performance. Un renforcement des capacités, de la supervision et de l’assurance qualité est indispensable pour optimiser le diagnostic précoce du VIH et la riposte nationale.
