Introduction : au Cameroun, les tradipraticiens sont fortement exposés aux infections transmissibles par le sang en raison de leurs pratiques professionnelles. Cependant, il existe un manque crucial de données concernant la séro-épidémiologie du VIH, ainsi que des virus des hépatites B et C dans cette population. L'objectif de cette étude était de décrire le profil épidémiologique de ces infections chez les Tradipraticiens.
Méthodes : il s'agit d'une étude transversale réalisée dans le district de santé de Dschang, entre février et avril 2024. Le protocole comprenait deux volets : un descriptif, pour établir les séroprévalences des infections étudiées, et un analytique, pour identifier les facteurs associés à ces séroprévalences. Conformément aux critères de sélection, tous les participants ont été recrutés de manière exhaustive. Les données ont été recueillies au sein de la communauté à l'aide d'un questionnaire standardisé administré en personne. Des statistiques descriptives ont été utilisées, suivies du calcul des Odds Ratios (OR) pour identifier les facteurs associés à la séroprévalence, avec un seuil de signification fixé à p < 0,05 et un intervalle de confiance (IC) à 95%.
Résultats : parmi les 125 praticiens contactés, 114 ont été inclus dans l'étude. Les tradipraticiens ont présenté une séroprévalence de 9,4% (IC: [4,2-16,6]) pour le VIH, 2,1% (IC: [0-5,1]) pour le VHB et 3,1% (IC: [0-7,2]) pour le VHC. La majorité des participants (58,8%) avait un niveau de connaissance jugé faible. Globalement, les attitudes étaient positives, et la pratique la plus courante était la scarification (90,4%). Le seul facteur significativement associé à la présence d'infections était la pratique des autopsies traditionnelles.
Conclusion : la prévalence du VIH chez les tradipraticiens est notablement élevée. Il est donc essentiel de leur fournir des EPI et d'organiser des formations ciblées sur les infections transmissibles par le sang afin de réduire les risques de transmission.
